Revue de presse du 07 Juillet 2008
dimanche 6 juillet 2008 par JOSEPH Didier
- Assurance-maladie : le (…)
- Du rugby à la Permanence (…)
- Nos quatre pistes pour (…)
- Des sondages "sans appel"
- Une étude suédoise estime (…)
- Les enfants issus de mères
- Le déficit de la Sécu minoré
- Haro sur l’emploi hospitalier
- La haute technologie médicale
- Les médecins rentrent au (…)
- Santé - Très chers médicaments
- Les laboratoires pharmaceutiqu
- Radiothérapie. Neuf centres
- Prévention des risques (…)
- Adieu Sainte-Epine
- Les maires et la réforme (…)
- A chaque bobo son médecin
- Quatre projets d’étude (…)
- L’autorisation des médicaments
- Pfizer et le financement (…)
- Un think tank financé par (…)
- Editorial du New England (…)
- Sécurité sociale : trouver de
- Sécurité sociale - commision
Assurance-maladie : le gouvernement ne prendra pas de mesures d’urgence
Les économies nouvelles seront décidées non pas en juillet mais à la rentrée, dans le cadre du budget 2009 de la Sécurité sociale. Le gouvernement ambitionne de ramener le déficit de la branche maladie entre 2 et 3 milliards en 2009.
à lire sur : http://www.lesechos.fr/info/sante/4…
Du rugby à la Permanence des Soins
Compte rendu analytique officiel du 20 mai 2008 SENAT
Questions orales
Permanence des soins
M. Jean-Pierre Bel. - La permanence des soins assure une présence médicale en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, la nuit, le week-end et les jours fériés. Le décret du 26 décembre 2006 l’étendait même aux samedis après-midi et aux jours compris entre un week-end et un jour férié -formidable ! Cependant, l’avenant 27 à la convention médicale du 12 janvier 2005 préconise de ramener le nombre de secteurs de garde de 2 500 à 2 000, ce qui pénalise lourdement les départements ruraux, à Gaillac, monsieur le secrétaire d’État, comme en Ariège, où le nombre de secteurs doit passer de dix-neuf à sept. Les médecins ne pourront plus couvrir des secteurs aussi étendus et, surtout en zone de montagne, la qualité du service en pâtira.
Pour rationaliser le système de garde, on nous propose d’économiser 300 000 euros sur les 750 000 euros des astreintes en remplaçant les déplacements des médecins de garde par le transport des patients à leur cabinet, soit par des ambulanciers, pas toujours disponibles, soit par les pompiers, à la charge du Sdis. Le coût serait ainsi assuré pour moitié par la caisse primaire d’assurance maladie et pour moitié par le département. On ne peut reprocher aux collectivités territoriales d’être trop dépensières et leur demander sans cesse de remédier aux carences de l’État pour assurer cette mission de service public qu’est la permanence des soins.
Quelles dispositions prendrez-vous pour que les collectivités, qui contribuent déjà à l’installation des médecins en milieu rural, ne soient pas sollicitées pour assurer efficacement la permanence des soins en milieu rural ? (M. Signé approuve l’orateur)
M. Bernard Laporte, secrétaire d’État chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative. - Mme Bachelot-Narquin a tenu à ce que le décret du 26 décembre 2006 se traduise rapidement dans le domaine conventionnel. Il est important que les médecins libéraux qui s’investissent dans cette mission de service public puissent assurer au mieux la permanence des soins en optimisant leur temps et dans le respect de leurs aspirations. Or il arrive souvent qu’un médecin soit mobilisé une nuit entière pour une activité nulle.
La réponse doit être proportionnelle aux besoins. Alors qu’un objectif de 1 500 secteurs avait été retenu en 2005, nous avons fixé la barre à 2 000 secteurs et les seuils ont été revalorisés de 40 % pour les secteurs de montagne. Une mission d’appui pilotée par l’Igas accompagne individuellement les départements : vingt-sept d’entre eux y ont déjà fait appel. De l’avis de tous, là où la permanence des soins a été modernisée, la qualité de la réponse a progressé grâce à ces systèmes gagnant-gagnant.
L’Ariège a bénéficié des facilités offertes aux régions de montagne et la mission d’appui examinera sa situation en juin prochain. Des solutions seront trouvées.
Une bonne collaboration entre tous les acteurs est un atout : c’est l’objectif des agences régionales de santé, dont la création fera l’objet d’un projet de loi à l’automne. Il ne s’agit pas ici de considérations comptables, mais bien d’une nouvelle étape dans l’amélioration de l’organisation de la permanence des soins ambulatoires.
M. René-Pierre Signé. - Il faudrait déjà récupérer la TVA pour la construction des maisons médicales !
M. Jean-Pierre Bel. - Mme Massat, députée de l’Ariège, vous avait déjà interrogé sur ce sujet : j’espérais qu’entre-temps il y aurait eu une prise de conscience… Cette question, comme celle de la désertification médicale, suscite une très grande inquiétude sur le terrain. L’État se désengage d’une mission essentielle. Ce constat est d’ailleurs partagé par des membres de la majorité actuelle…
M. Louis de Broissia. - Et de demain ! (Sourires)
M. Jean-Pierre Bel. - La santé publique est un droit. Ne vous en déplaise, des événements graves se produisent parfois la nuit ou le week-end ! Nous ne pouvons pas laisser nos concitoyens victimes de cette discrimination.
M. Louis de Broissia. - C’est vrai.
M. René-Pierre Signé. - Bravo.
Le Sénateur socialiste s’inquiète à juste tître de l’inégalité d’accès aux soins entre les ruraux et les citadins en France et surtout lorsque comme monsieur Bernard Laporte, on dit que les moyens doivent être proportionnels aux besoins.
Le compte est BON, penset-il, sI L’ on accorde très peu de moyens aux ruraux, TRES peu nombreux et beaucoup de moyens aux citadins très nombreux.
Il oublie cependant comme notre ministre quart temps santé, QU’IL existe un minimum vital c’est celui qui permet d’assurer pour chaque citoyen, MEME le plus isolé, DES soins urgents dans un délai qui ne comprometTE pas ses chances de survie.Celà a un cOUT INCOMPRESSIBLE QUI DEPEND JUSTEMENT DU système DE SOIN CHOISI .
Bernard LAPORTE : secrétaire d’Etat chargé des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, auprès de la ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative
Bernard Laporte est né le 1er juillet 1964 à Rodez (Aveyron).
Voir la composition du Gouvernement
Carrière
Palmarès avec l’équipe de France de Rugby à XV :
· Demi-finaliste de la Coupe du monde en 2007
· Vainqueur des tournois des six nations, en 2006 et 2007
· Demi-finaliste de la Coupe du monde en 2003
· Grand chelem dans le tournoi des six nations en 2002 et 2004
· Distinction honorifique de l’International Rugby Board Award, en 2002, du meilleur entraîneur du monde
Sélectionneur de l’équipe de France, en 1999 Commentateur, en 1999, des matchs de la Coupe du monde au Pays de Galles Victoire, en Coupe de France, en 1999, avec le stade français Victoire, en 1998, au championnat de France de Rugby, avec le stade français Entraîneur du stade français, à Paris, de 1995 à 1999 Entraîneur-joueur, de 1993 à 1995, au stade bordelais université club Joueur à Bègles-Bordeaux, de 1984 à 1993. Champion de France, en 1991 Joueur à Gaillac, jusqu’en 1984
Fonctions ministérielles
Secrétaire d’Etat chargé des Sports, d’octobre 2007 à mars
http://guillemette-reveyron.blog.le…
Nos quatre pistes pour réduire le trou de la Sécu
L’idée de dérembourser les médicaments pour les maladies de longue durée a créé un tollé. Il y a d’autres moyens d’équilibrer les comptes.
à lire sur : http://www.challenges.fr/magazine/0…
Des sondages "sans appel"
à lire sur : http://www.urml-reunion.net/infos_t…
Une étude suédoise estime à 3% le taux de décès par effets indésirables des médicaments. Les antidépresseurs arrivent en troisième position
L’incidence des effets indésirables mortels des médicaments est estimée à 5% parmi les patients hospitalisés dans les pays occidentaux. Mais il n’y a pas de données sur la mortalité par iatrogénie médicamenteuse dans la population générale. Une équipe suédoise et norvégienne s’est penchée sur le sujet en étudiant le registre des causes de décès pour l’année 2001 dans trois départements de Suède.
lire la suite sur : http://pharmacritique.20minutes-blo…
Les enfants issus de mères porteuses semblent présenter plus de problèmes avec leurs pairs
à lire sur : http://www.apmnews.com/story.php?nu…
Le déficit de la Sécu minoré de 1 milliard d’euros
santé . La Cour des comptes a refusé de certifier une partie des comptes de la Sécurité sociale, jugés insuffisamment « sincères ».
à lire sur : http://www.humanite.fr/2008-07-03_P…
Haro sur l’emploi hospitalier
Selon la fédération CGT, un plan social potentiel de 15 000 emplois menace le secteur hospitalier du fait des déficits budgétaires.
à lire sur : http://www.humanite.fr/2008-07-03_P…
La haute technologie médicale à l’heure des choix
à lire sur : http://www.ledevoir.com/2008/07/05/…
Les médecins rentrent au bercail
à lire sur : http://www.radio-canada.ca/regions/…
Santé - Très chers médicaments
Les laboratoires pharmaceutiques jouent la surenchère dans le prix des médicaments. Mais la Sécurité sociale ne peut plus suivre. Peut-on continuer à tout rembourser ? Le débat est lancé.
à lire sur : http://www.lepoint.fr/actualites-so…
Santé. Après les accidents d’Epinal et de Rangueil
Radiothérapie. Neuf centres menacés
à lire sur : http://www.ladepeche.fr/article/200…
Prévention des risques psychosociaux au travail
à lire sur : http://www.riskassur.com/actu_assp4…
Adieu Sainte-Epine
à lire sur : http://leremplacant.blog.legenerali…
Les maires et la réforme des hôpitaux
à lire sur : http://www.lesechos.fr/medias/2008/…
A chaque bobo son médecin
Migraines, ballonnements, sinusite, perte de cheveux… vous aimeriez bien enfin vous débarrasser de ces petits maux qui vous gâchent souvent la vie. Qu’est-ce qui les provoque ? Vers quel expert médical vous tourner pour en venir à bout ? Voici un petit guide pour soigner quelques-uns d’entre eux.
à lire sur : http://www.lexpress.mu/display_news…
Quatre projets d’étude Radiofréquences et Santé financés
La Fondation Santé et Radiofréquences a retenu quatre projets de recherche dans son quatrième appel à projets, d’une valeur de 460 000 €.
à lire sur : http://www.generation-nt.com/fondat…
L’autorisation des médicaments hypolipémiants dans le diabète bientôt liée à la réduction du risque cardiovasculaire ?
Un groupe d’experts auprès de la FDA (agence américaine du médicament) a voté le 2 juillet à 14 contre 2 pour que les conditions d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des médicaments anticholestérol utilisés dans le traitement du diabète soient durcies, nous apprend une brève du Wall Street Journal. Si la FDA suit le conseil des experts, il ne suffira plus qu’une firme montre que tel médicament réduit le mauvais cholestérol pour le voir homologué. Il faudra qu’elle prouve dans des essais cliniques de longue durée que la molécule respective n’augmente pas les risques cardiovasculaires associés au diabète. Lors de la réunion, les experts ont aussi évoqué une possible évaluation cardiovasculaire des médicaments déjà homologués, mais sans préciser les modalités concrètes et les critères de sécurité qui seraient retenus.
Les représentants de la FDA qui ont donné une conérence de presse après la réunion n’ont pas été plus précis. L’un d’entre eux, cité par cet article de The Heart, a précisé qu’il serait utile d’étendre cette évaluation de la sécurité cardiovasculaire à d’autres médicaments tels les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens).
La discussion des experts ne laisse aucun doute sur le fait que cette tendance à regarder de plus près le rapport bénéfice - risque, les effets indésirables, résulte des déboires cardiovasculaires d’Avandia (rosiglitazone) comme du muraglitazar. L’histoire de ce dernier, commercialisé par Bristol Myers Squibb et Merck, est racontée dans cet article francophone de The Heart. A noter que Steven Nissen est l’auteur principal de la méta-analyse qui dénonce l’augmentation des infarctus du myocarde et des accidents cardiovasculaires chez les patients sous muraglitazar.
D’autre part, l’étude ACCORD a mis en évidence une mortalité accrue chez les patients diabétiques ayant un traitement multiple. Un article du New England Journal of Medicine détaille les résultats et les compare avec ceux de l’étude ADVANCE : Intensive Glycemic Control in the ACCORD and ADVANCE Trials (« Contrôle intensif de la glycémie dans les essais ACCORD et ADVANCE).
Les firmes Astra Zeneca et Bristol Myers Squibb devraient être les premières affectées par ces changements dans les procédures d’autorisation, puisqu’elles envisagent de soumettre leur molécule saxagliptine à la FDA. Merck a déjà essuyé un refus pour Cordaptive (niacine + laropiprant)…
Un dialogue de pros…
Le panel d’experts de la FDA a suivi Steven Nissen, ce cardiologue qui avait dénoncé les dangers d’Avandia (rosiglitazone) à une commission de députés avant de publier une méta-analyse dans le New England Journal of Medicine sur les risques cardiovasculaires de ce médicament.
La réunion du panel d’experts et les discussions sur le thème des nouvelles preuves que devraient apporter les firmes ont donné lieu à un dialogue assez croustillant entre Steven Nissen et Enrico Veltri, un représentant de Schering-Plough, fabricant avec Merck de l’INEGY (ezétimibe + simvastatine). Il s’agit d’un médicament hypolipémiant approuvé trop vite par la FDA et qui s’est révélé n’avoir aucun effet bénéfique en matière cardiovasculaire, et notamment sur la réduction des plaques d’athérosclérose. Au contraire, les essais cliniques avaient montré une augmentation de la plaque, mais sans que cet effet atteigne une signification statistique et alors que le critère de jugement était secondaire. Ces essais cliniques ont fait beaucoup de bruit, parce que Merck et Schering-Plough ont retardé d’au moins un an la publication des résultats et qu’il a été question d’un changement des critères de jugement en cours de route, avec l’élimination de près de deux tiers des résultats. Les deux firmes ont motivé le retard de publication entre autre par le fait que certains résultats n’étaient pas « biologiquement plausibles ».
Lors de la réunion des experts de la FDA, Steven Nissen a exposé les motifs qui rendent selon lui nécessaires ces preuves supplémentaires à la charge des firmes. Or Enrico Veltri, le représentant de Schering-Plough, a répliqué en disant que Nissen voulait pousser dans une direction où les tests pourraient s’avérer n’avoir « aucune plausibilité biologique »… Les mêmes mots ont été lâchés… Et Nissen n’a pas raté l’occasion : « Nous autres, cardiologues, avons un bulletin d’information. Il cite à la place d’honneur une phrase que j’ai écrite : la route de l’enfer est pavée de plausibilité biologique »… Nissen est cité par Ed Silverman dans cette note.
D’autres détails sur Avandia, Ezétrol/Inegy et la théorie du cholestérol :
Nous avons rendu compte de l’histoire d’Avandia dans les notes de cette catégorie, sans oublier Actos. Quant à l’échec d’Inegy et d’Ezétrol, il en a été question dans ces notes.
Enfin, nous avons repris aussi les commentaires d’Arznei-Telegramm sur la mauvaise pratique médicale consistant à prescrire un médicament anticholestérol uniquement parce qu’il baisse le LDL cholestérol, sans aucun bénéfice clinique prouvé. Par ailleurs, tous les critiques s’accordent à dire qu’un LDL cholestérol élevé ne veut pas dire grand-chose s’il n’est pas associé à d’autres facteurs de risque. Et que les valeurs limite de ce "mauvais" cholestérol ont été baissées arbitrairement par des experts ayant des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique, pour élargir le nombre de patients susceptibles de prendre un médicament hypolipémiant. C’est l’une des modalités du disease mongering : invention/ façonnage de maladies ou élargissement des critères de celles qui existent déjà, jusqu’à ce que presque tout le monde soit concerné et se jette sur le traitement que la firme en question veut vendre. Nous avons parlé de ce procédé qui rend potentiellement tout le monde malade, c’est le cas de le dire, dans les notes réunies sous la catégorie Maladies inventées : Disease mongering.
Il faudrait dire et redire ces choses directement aux patients, pour qu’ils ne paniquent pas dès qu’ils voient un résultat de laboratoire légèrement au-dessus de la « normale » arbitrairement instituée par l’industrie. Il faudrait que nous autres, usagers, apprenions que la première chose à faire, c’est de nous informer aussi par nous-mêmes, surtout lorsqu’il s’agit d’une maladie de longue durée. Et que nous perdions l’habitude de laisser faire le médecin et le médicament qu’il prescrit, sans poser des questions. Un médicament qui réduit le cholestérol est prescrit en 10 secondes, alors que décrire les mesures diététiques combinées à l’exercice qu’il faut apprendre à faire pour essayer de remédier naturellement à l’excès de cholestérol prend bien plus de temps.
N’attendons pas l’"information" que veulent nous apporter les firmes, aidées par la Commission européenne ! Ce n’est pas l’industrie qui nous dira d’aller faire un régime au lieu de prendre tel médicament miracle… Il semblerait que Januvia soit très à la mode en ce moment, même si aucune revue indépendante ne la recommande… Pour qu’on sache ce qui risque de nous être prescrit.
Citons un communiqué de presse synthétique de la revue Prescrire (avril 2008) :
« Dans son numéro d’avril, Prescrire continue de pointer le choix des agences du médicament, parfois dommageable pour les patients. Ainsi, les glitazones, rosiglitazone (Avandia°) et pioglitazone (Actos°), sont autorisées dans le diabète de type 2, parfois associées à l’insuline. Selon les essais cliniques, les glitazones font certes baisser le taux de sucre dans le sang, mais elles n’apportent aucun bénéfice tangible pour les patients et ont des effets indésirables graves, notamment cardiaques. De même d’autres médicaments récents (vildagliptine (Galvus° et en association dans Eucreas°) et sitagliptine (Januvia°) sont autorisés dans le diabète de type 2 alors qu’ils ont une balance bénéfices-risques défavorable ou trop incertaine pour y exposer les patients. Pour réduire la morbimortalité des patients diabétiques de type 2, deux médicaments anciens, la metformine (Glucophage° ou autre) et le glibenclamide (Daonil° ou autre) restent des choix de première intention, selon les patients. Prescrire déplore que les agences du médicament autorisent des nouveaux médicaments à balance bénéfices-risques plus défavorable que celle des médicaments déjà disponibles. »
Clair comme de l’eau de roche. Et si notre vénérable Afssaps s’inspirait de la FDA ?
http://pharmacritique.20minutes-blo…
Pfizer et le financement de la formation médicale continue (FMC) : changements en vue
Le Wall Street Journal nous apprend dans un article en date du 2 juillet - intitulé Pfizer Stops Funding Some Classes for Doctors - la décision de Pfizer de ne plus financer certaines formes de formation médicale continue (FMC), et notamment toutes celles organisées par des sociétés à but lucratif. Celles-ci ont eu à peu près la moitié des 80 millions de dollars investis par Pfizer dans la (désin)formation des médecins en 2007, nous apprend une dirigeante de la firme, Cathryn Clary. Qui ajoute que cette décision a été prise pour éviter les suspicions de conflits d’intérêts…
Mais Pfizer continuera à financer la (désin)formation médicale continue dispensée par les centres académiques, les hôpitaux universitaires et les sociétés médicales… Parce que ces soignants sont au contact direct avec les patients et que les former contribuerait à améliorer les soins "et coïncider, dans certains cas, avec nos intérêts financiers", selon la même Cathryn Clary. Elle ajoute que, si Pfizer finance des cours de formation continue dans des domaines où la firme a des intérêts, elle n’exige pas pour autant que les conférenciers ou les produits mentionnent explicitement les médicaments de Pfizer. Comme s’il y avait besoin de les nommer…
On sent une certaine concentration des investissements sur les leaders d’opinion, comme chez Sanofi… D’ailleurs, les firmes sont prêtes à céder sur pas mal de points, du moins en apparence, à part sur la formation médicale continue et la possibilité d’utiliser les grands pontes de la médecine comme conférenciers, conseillers et membres de leurs "speaker’s bureau"… C’est ainsi qu’on apprend ce qui est vraiment rentable. Et qu’on se dit que le BMJ titrant sur la fin des leaders d’opinion, oui, ce serait pas mal. Mais ce n’est pas demain la veille…
Des détails dans cet article : Pfizer To End Direct Support for Commercial Doctor Courses.
Quelques détails supplémentaires sur l’"éducation" promotionnelle continue des médecins aux Etats-Unis :
En 2006, l’industrie pharmaceutique a dépensé plus d’un milliard de dollars pour financer la désinformation médicale continue. C’est un rapport d’enquête diligenté par la Commission sénatoriale des finances qui nous l’a appris. Cette commission a autorité sur les programmes publics d’assurance-maladie, Medicare et Medicaid, et c’est pour les défendre que l’infatigable sénateur Charles Grassley s’en prend aux firmes. Lui et d’autres élus avaient dénoncé des conflits d’intérêts mettant en danger la santé des patients à travers l’influence exercée sur les prescriptions des médecins lors de ces formations qui n’ont pas grand-chose d’éducatif, mais font partie de la stratégie promotionnelle pour des médicaments spécifiques.
(Le même Grassley s’en est pris à des pontes qui n’ont pas déclaré des financements très substantiels par des firmes pharmaceutiques produisant des neuroleptiques. Or l’un de ces pontes, Joseph Biederman, fait partie de ceux qui ont le plus oeuvré pour la prescription en masse d’antipsychotiques et une explosion des diagnostics de trouble bipolaire chez les enfants. On en reparlera. Et c’est toujours Grassley qui mène l’enquête sur une vingtaine d’équipes de recherches médicales, comme nous l’a appris récemment la revue Nature, avant que la nouvelle se répande dans les media. Il devient difficile de rendre compte de toutes les activités de ce sénateur, qui n’est pas en odeur de sainteté auprès des firmes…)
Quant à l’organisme d’accréditation des sociétés de FMC (Accreditation Council for Continuing Medical Education), qui a dû lui aussi se justifier devant le Congrès, il n’a pu que reconnaître devant les élus que "des efforts restaient à faire", que les moyens de contrôle étaient insuffisants et qu’il fallait envoyer des inspecteurs sur place. Et voici le rapport d’avril 2007 de la Commission des finances du Sénat américain sur l’état de la formation médicale continue aux Etats-Unis. Les sénateurs souhaiteraient que les programmes de FMC soient soumis à une lecture préalable par l’agence du médicament (FDA) et par le Comité d’accréditation. Ils déplorent l’absence de contrôle en temps réel, l’absence d’observateurs lors du déroulement effectif des programmes de formation. Et l’absence de sanctions rapides. Lorsqu’un programme de formation continue ne respecte pas les règles, le comité d’accréditation peut mettre jusqu’à… neuf ans avant d’annuler l’accréditation de l’organisation qui a conçu le programme en question.
Comme d’habitude, on se dit que ces efforts des quelques élus américains ne font pas le poids devant le broyeur politico-financier qui existe toujours, comme on le voit avec la possibilité d’un infléchissement des lois vers la préemption fédérale ou vers l’autorisation de la publicité hors AMM, etc. Mais ces efforts ont le mérite de réveiller progressivement l’opinion publique, de renforcer l’activité des chiens de garde, d’encourager les lanceurs d’alerte…
Et il faut rappeler que rien de tel ne se passe en France. Nos politiques ne s’intéressent décidément pas à ces questions. Et pourtant, les médecins sont très bien représentés parmi les élus. Tout dépend quels sont leurs rapports avec les firmes…
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Un think tank financé par les multinationales pour promouvoir la préemption fédérale, donc l’immunité des firmes
Les Etats-Unis regorgent de "think tanks", organisations créées pour fabriquer les grandes lignes de la politique dans un certain domaine, puis pour décider de la propagande qui va avec, et ce pour le parti auquel le think tank respectif est affilié. En gros, ils dessinent les lignes de force qui seront défendues par la suite par les lobbyistes spécialisés. Comme l’Institut Montaigne en France, par exemple.
Le American Entreprise Institute est la façade pensante (sic) des multinationales américaines. On apprend que ce think tank, bien ancré à droite et financé aussi par l’industrie pharmaceutique, s’est fendu d’un amicus curiae ("Amicus brief"), à savoir d’une contribution spontanée versée au débat juridique que la Cour suprême aura à trancher bientôt pour accorder ou non la préemption dans le procès contre la firme Wyeth.
(Ce qui fera jurisprudence et se généralisera à toute firme susceptible d’être attaquée en justice pour un Vioxx, un Avandia ou un autre médicament à gros effets secondaires, comme nous l’avons dit dans les autres notes de la catégorie Boucliers juridiques pour les firmes).
L’amicus curiae, dont voici le résumé, nous dit que la préemption, donc l’impossibilité de faire un procès aux firmes, améliorera grandement la sécurité publique… dans une argumentation digne d’un contorsioniste… Les détails sont dans la version longue. Bien entendu, c’est le rêve de toute multinationale que de faire ce qu’elle veut, sans aucune responsabilité pénale, sous prétexte que ça fait marcher l’économie et que trop de régulations étatiques, de possibilités de procès, etc. font peur aux investisseurs et entravent la croissance… La santé individuelle et publique, la déontologie, on s’en fout !
On n’a pas entendu ce discours quelque part ? Fermer les yeux sur tel détail pour ne pas effaroucher les firmes ? Ou alors Sarkozy et le droit des affaires ? Alors que les consommateurs et la justice sont déjà sinistrés en France et n’ont aucune base légale d’action… Ca n’empêche pas les multinationales et autres politicards de crier à un trop plein de régulation qui étranglerait la vitalité des entreprises. Ma foi, les parachutes dorés n’ont pas été troués pour autant… A ma connaissance, aucun patron n’a eu à subir les effets d’un trou d’air. Quand à savoir si le coussin garni de billets est ergonomique, voire bénéfique pour les hémorroïdes, il faudra faire une enquête Ipsos, puisque Pierre Giacometti, son directeur, faisait partie des invités au Fouquet’s le soir de l’élection de Sarkozy.
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Editorial du New England Journal of Medicine : la préemption serait un désastre pour la sécurité des soins
Nous avons parlé de la préemption en citant un précédent article relativement modéré du New England Journal of Medicine : L’industrie pharmaceutique veut une immunité totale pour les effets indésirables. La préemption ou le déni de responsabilité. Et puis un papier beaucoup plus lucide et plus alarmant du New York Times : La préemption vue de près : un bouclier juridique pour les firmes. La préemption fédérale est une doctrine juridique qui, appliquée à l’industrie pharmaceutique, voudrait dire que celle-ci n’est plus responsable juridiquement, pénalement pour les problèmes que posent ses médicaments, une fois que l’agence fédérale du médicament (FDA) leur a donné une autorisation de mise sur le marché. La préemption fédérale implique donc que ni des consommateurs ni même des Etats ne pourraient faire des procès en cas de médicaments défecteux, pour lesquels les firmes auraient occulté les effets secondaires, etc. Une décision fédérale - de la FDA - reviendrait à museler tout le droit, toute la législation différente d’un Etat à l’autre, sans parler des recours collectifs en justice. Nous avons détaillé ces aspects dans les deux notes citées ci-dessus.
Le New England Journal of Medicine semble sortir de sa torpeur. Enfin !! Parce que la question - passée inaperçue en France, si ce n’est dans nos pages - est gravissime. Toute la direction de la revue signe un éditorial bien plus critique, cette fois-ci, intitulé Why Doctors Should Worry About Preemption ("Pourquoi la perspective de la préemption devrait inquiéter les médecins").
On y apprend entre autres que les rédacteurs ont eux aussi été amenés à témoigner devant le Congrès. Et que le député démocrate Henry A. Waxman est déterminé à tout faire pour faire barrage à la préemption, même si la Cour suprême se prononce pour dans le cas concret qu’elle aura bientôt à juger. Henry Waxman est celui qui a vendu la mèche quant aux projets de la FDA de faire plaisir à l’industrie pharmaceutique en autorisant la publicité (auprès des médecins) pour les indications hors AMM. Publicité actuellement illégale, compte tenu des dangers qu’elle comporte : inciter des médecins à prescrire un médicament qui n’a pas été testé dans telle ou telle indication, et ce sur la base d’un simple article écrit par un leader d’opinion… Cette question-là n’est pas non plus tranchée. Et il y a d’autres projets concernant la FDA et la politique de régulation des conflits d’intérêts et des financements par les firmes qui sont actuellement en suspens. La fin de règne de Bush approche, et il veut consolider les positions de ses amis et alliés en rendant difficile, voire impossible, la concrétisation d’une critique de plus en plus forte de la société civile à l’égard des firmes pharmaceutiques.
La bataille de la préemption se jouera de nouveau entre les démocrates et les républicains, avec l’administration Bush qui appuie tout ce qui favorise l’industrie. Et avec une Cour suprême en majorité conservatrice et acquise aux républicains… C’est mal barré. On ne peut qu’espérer une levée de boucliers contre ce projet de "bouclier juridique" pour les firmes… Qui inspirera certainement les Européens aussi (pensons déjà à Sarkozy avec le droit des affaires, à la Commission européenne qui veut abandonner la pharmacovigilance aux firmes et faire de celles-ci des "sources fiables" d’information directe aux patients et ainsi de suite… Les exemples ne manquent pas).
http://pharmacritique.20minutes-blo…
Sécurité sociale : trouver de nouvelles recettes au lieu de focaliser sur les dépenses
à lire sur : http://fr.news.yahoo.com/afp/200807…
Sécurité sociale - commision des comptes 2008
à lire sur : http://droit-medecine.over-blog.com…
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